19 de abril de 2007

Jones, Partners : Architecture

Wes Jones (*1958)

la fin du millénaire, célébré également comme la fin du modernisme, la forme semble à nouveau revenir au goût du jour–masquée, encore une fois, derrière la virtuosité, l'expertise. (…) L'expertise, indéniablement technologique, affichée dans toute forme "nouvelle", est dirigée pour la majeure partie vers une production aveugle de différence, laissant inexploitée sa pertinence architecturale. La référence technologique dans l'architecture n'est certes pas nouvelle. Bien que les avions et les paquebots ne fassent plus office de modèles, la même envie d'une expertise exotique, qui auparavant avait cherché à ouvrir les "yeux qui ne voient pas", conduit MAYA à l'architecture aujourd'hui. Dans les deux cas, la technologie est abordée comme thème, soumise aux pièges d'un expressionnisme exagéré, d'un sentiment de condescendance ou d'un exhibitionnisme formel. Le processus médiatisé de l'attente transforme la technologie en symbole ou en métaphore. Si le thème est critique, l'architecture devient acérée et pointue, bavarde et "difficile"; s'il est affirmatif elle devient chromée et bariolée ou, plus récemment, virtuelle et amorphe. Dans les deux cas, la technologie fait l'objet d'une excitante "exposition" : révélée comme un secret inavouable ou libérée comme si elle retenait une volupté jusque-là cachée. Pourtant la réponse à cette question ne devrait pas nécessairement se limiter à une célébration ou à une critique acide ; dès que l'on conçoit l'architecture, elle-même, comme un objet technologique, une autre possibilité s'annonce : on peut se demander quelle forme vernaculaire elle inspire/inspirerait ? La réponse n'est pas aussi claire qu'une apologie ou une critique car il n'est pas facile ni souhaitable pour l'architecture d'aborder un thème autrement qu'avec véhémence. Le prosaïsme ou la simplicité ne sont pas des attitudes que l'on associe aujourd'hui à l'architecture comme œuvre signée. La différence entre le fait d'utiliser la technologie comme symbole et d'être la technologie soi-même, à travers une expression issue de la technologie plutôt qu'une expression qui se contente d'emprunter une forme technologique pour illustrer tout autre intérêt non technologique, constitue la distinction entre l'oeuvre de Jones, Partners : Architecture et celle d'autres créateurs pouvant être perçus comme axés sur la technologie. Puisque la technologie n'admet d'autre auteur que la nature, l'architecte-auteur doit faire des ajustements non - ou anti - technologiques afin d'affirmer sa signature. En opérant de la sorte, l'auteur affirme son contrôle et oblige la technologie à servir ses intérêts plutôt que ceux du programme (l'idée de programme est en elle-même un "don" de la technologie). Ces questions sont abordées de façon explicite par Jones, Partners : Architecture dans les quatre projets d'habitation présentés ici. La maison constitue le degré zéro du problème architectural. Tous les projets architecturaux sont, à la base, des maisons-pour-quelque chose. De la même manière, ils sont des machines-pour-quelque chose. Le mot de Le Corbusier n'était pas machine-à-vivre mais celui plus actif de machine-à-habiter. C'est dans la différence entre ces deux mots que l'architecture de Jones trouve le sens de son implication dans ces projets de maisons et qu'elle découvre son héritage technologique
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